Avant les Rencontres de la Culture qui se déroulent mardi 15 mars au 106 à Rouen, la Métropole Rouen Normandie et la Ville de Rouen a organisé un atelier consacré aux nouveaux publics, piloté par David Bobée, directeur du CDN Normandie Rouen. Trois rencontres pour évoquer l’accueil, la circulation des spectateurs et l’accessibilité des salles.

 

"Paris", une pièce mise en scène par David Bobée photo Arnaud Bertereau

« Paris », une pièce mise en scène par David Bobée
photo Arnaud Bertereau

La culture est un droit. « Nous avons donc des devoirs », rappelle David Bobée, directeur du CDN Normandie Rouen. « Nous devons donner à chacun sa place au centre de cette culture, notamment à ceux qui sont en situation d’exclusion, dans les hôpitaux ou les prisons, aux classes les plus pauvres, aux personnes qui sont victimes de racisme ». Dans les ateliers menés avant les Rencontres de la Culture a été posée la question des nouveaux publics, ceux qui ne franchissent pas les portes des salles de spectacles.

 

Une question récurrente depuis de nombreuses années. Il est nécessaire de remettre le public au cœur des projets. Cela passe par « l’ouverture des théâtres » et pas uniquement avant le début des spectacles, par la prise en compte des nouvelles réalités des familles. « Il faut les désacraliser et les transformer en véritables lieux de vie » où chacun peut prendre la parole. Au CDN Normandie Rouen, David Bobée a ouvert un Labo des spectateurs, un temps d’échange et de rencontre avec les artistes programmés. « C’est une expérience que nous menons. Ces labos sont comme une université populaire, une instance de réflexion, de discussion. C’est une démarche politique ».

 

Comme également les cours d’alphabétisation ou d’apprentissage de la langue française délivrés avec APMAR (Association pour la promotion des migrants de l’agglomération rouennaise). Pour David Bobée, il est important de « croiser les activités. Du lien social se crée et une culture commune s’affirme. Un théâtre ne peut pas seulement proposer des activités artistiques. Cela va avec la société dans laquelle on vit ».

 

Une histoire commune

Conquérir de nouveaux publics suppose une circulation plus simple pour ces spectateurs. « Les classes périphériques doivent se réapproprier le centre ville, aller vers les théâtres. Elles doivent se sentir légitimes d’en être ». Cela n’exclut pas les programmations hors les murs. « Il faut être sur tout le territoire, se rendre sur leurs espaces, dans les écoles… Il existe un maillage d’équipements qui sont, pour certains, sous-utilisés. Comme à Yvetot (hors Métropole, ndlr) où nous avons joué Lucrèce Borgia ».

 

L’accessibilité des lieux reste bien évidemment indispensable. Tout comme l’accessibilité des œuvres. « Quelle culture est présentée ? », s’interroge David Bobée. « On ne doit plus créer avec des codes excluants. Le public a besoin de clés de compréhension du monde dans lequel on vit. La culture ne doit être faite par les blancs qui s’adressent uniquement aux blancs. La société française a changé. Et on ne peut plus taire nos histoires communes ». Aujourd’hui, la culture doit donc être « plus simple, plus douce, plus généreuse » et « se créer au cœur de la vie ».

 

 

Fil-Fax et relikto sont partenaires des Rencontres de la culture