photo Annick Wolfers

Il y a une profusion de couleurs, de voix, de genres et d’instruments dans Semicircle, le cinquième album de The Go ! Team, quelque peu inégal. Le groupe de Brighton, en Angleterre, retrouve toute sa fraîcheur, son énergie, son inventivité et son grain de folie dans ces titres enregistrés avec une chorale de lycéens de Détroit aux États-Unis. The Go ! Team joue samedi 22 septembre lors du festival Ouest Park au Fort de Tourneville au Havre. Entretien avec Ian Parton, talentueux mélodiste.

Pour ce nouvel album, Semicircle, vous avez préféré travailler en groupe. Est-ce que cette manière de composer vous a manqué ?

 Oui. The Scene between, le disque sorti juste avant Semicircle, a été enregistré après l’éclatement de la formation du groupe original. Nous nous sommes retrouvés à nouveau sur ce nouvel album avec Sam et Ninja. Il était évident que je voulais inclure dans ce travail le plus de monde possible. En tant que groupe, je pense que nous n’avons jamais été aussi bons.

Comment avez-vous travaillé ensemble cette fois-ci ?

J’ai toujours composé la musique pour The Go ! Team. Nous n’avons jamais fait de sessions de recherche ensemble. Le son du groupe provient de ma tête. Je reste assis pendant des mois ou des années à accumuler des idées et des samples. Quand je suis prêt, je demande aux autres membres du groupe de venir mettre la guitare, la basse, la batterie et le chant. Ce sont des musiciens incroyables. C’est vraiment brûlant quand nous sommes tous ensemble. Ninja est une force de la nature et je ne pouvais pas imaginer enregistrer cet album sans elle.

Pourquoi cette notion de groupe est toujours aussi importante pour vous ?

Je crois fermement que les groupes doivent avoir leur propre façon de faire, leur manière de voir le monde. D’ailleurs le public nous dit souvent qu’il peut reconnaître instantanément un titre de The Go ! Team. Ce que j’apprécie beaucoup. Même si nous avons composé des chansons complètement différentes — Mayday n’a rien de commun avec Everyone A Vip, comme Grip Like A Vice avec Buy Nothing Day — il y a heureusement une chose semblable qui les traverse. C’est indéniable.

Quelle idée aviez-vous en tête quand vous avez commencé à réfléchir sur Semicircle ?

J’avais envie d’une formation telle une grande communauté bordélique afin que l’album soit enregistré comme dans un gymnase d’école. Je pense que cela renvoie à l’image que se fait le public de The Go ! Team. Tout en mettant l’accent sur les mélodies vocales. 

Justement la mélodie reste au centre de votre travail ?

Oui, la mélodie est la chose la plus importante pour moi et la chose qui peut être oubliée chez The Go ! Team. Trouver des mélodies accrocheuses et originales est la tâche la plus difficile parce qu’elles sont très rares.

 

 

Comment avez-vous travaillé les harmonies ?

J’ai construit les choses par couches. J’ai écrit les chansons. J’ai ensuite enregistré la batterie avec l’incroyable Simone, puis la basse et les guitares avec Sam et les voix avec Ninja. La dernière étape a été de se rendre à Détroit pour ajouter des voix. Ce fut très long parce que je voulais vraiment capté des moments spontanés.

Qu’est-ce qui vous a séduit chez les chanteurs du Detroit Youth Choir ?

J’avais imaginé une chorale interprétant beaucoup de chansons. Jene voulais d’une formation de très niveau ou trop professionnelle. Comme les chorales de gospel avec beaucoup de vibrato. J’ai pensé qu’un groupe d’adolescents était le meilleur choix. Il y a des choses que j’aime bien dans le ton des voix des adolescents. Beaucoup de groupes de la Motown étaient composés de teenagers pour l’enregistrement de toutes ces chansons extraordinaires. C’était une sacrée expérience.

The Go ! Team est souvent synonyme de fête. Est-elle trop réductrice ?

Oui et je grince toujours des dents quand on nous décrit comme un groupe de fête. Cela ne m’a jamais traversé l’esprit. Cependant, si le groupe produit de l’excitation, c’est cool. Je veux qu’il y ait un côté mystérieux dans la musique avec des digressions étranges. La plupart de nos textes sont empreints de gravité, d’ambiance douces-amères. Je veux cela pour démarrer les concerts et être le plus fou. Mais notre but reste d’écrire des chansons originales. 

 

La programmation de Ouest Park

  • Vendredi 21 septembre à partir de 19 heures : Jane Birkin, Roméo Elvis, Synapson, Medine, Club des Loosers, Arnaud Rebotini, Tshegue, Sextile, Brook Line, SeRvo.
  • Samedi 22 septembre à partir de 19 heures : Boys Noize, Emir Kusturica & The No Smoking Orchestra, The Brian Jonestown Massacre, Charlie Winston, Caballero & Jean Jass, Calypso Rose, The Go ! Team, The Soft Moon, Too Many T’s, MNNQNS.
  • Dimanche 23 septembre à partir de 13 heures : Thérapie Taxi, Are You Graffing ?, Kaddy and the keys, Mezzanine
  • Les trois jours dans les caravanes : Mortalcombat, Jahen Oarsman, Ouai stéphane, Lateral Thinking, HSH Crew, Lezardzebre, Courte Échelle & L minuscule
  • Tarifs : 30 €, 26 € un jour, 50 € les deux jours. Gratuit le dimanche. Réservation sur www.letetris.fr