Après sept week-ends de travail pendant toute la saison, Alban Richard, danseur et chorégraphe, crée samedi 22 juin avec un groupe de 51 habitants de l’agglomération rouennaise For ever now. Une pièce interprétée au Théâtre des Arts avec l’orchestre de l’Opéra de Rouen Normandie, dirigé par Raphaël Merlin.

Il n’y aura qu’une seule représentation. C’est le principe de ce projet chorégraphique imaginé par Alban Richard. Autres règles : il est ouvert aux habitants d’un territoire qui n’ont pas ou très peu de pratique de danse, à toutes les générations, à ceux qui peuvent se rendre disponible 7 ou 8 week-ends pour les répétitions. Pour le directeur du centre chorégraphique national de Normandie Caen, l’objectif est de « faire se rencontrer un groupe de personnes. Nous passons du temps ensemble. Nous prenons des repas ensemble. Cela crée une communauté même si elle est éphémère ». Et pas toujours puisque certains habitants des groupes précédents se retrouvent régulièrement.

En Normandie, après Caen, Cherbourg et Carrouges, le danseur et chorégraphe a réuni un groupe d’habitants à l’Opéra de Rouen Normandie. Durant toute cette saison, il a travaillé avec 51 personnes âgées de 18 à 78 ans sur une pièce chorégraphique qui sera créée samedi 22 juin avec l’orchestre de l’Opéra, dirigé par Raphaël Merlin. For ever now a été écrite « à partir de l’imaginaire médiéval. J’ai proposé aux habitants des peintures, des gravures, des motifs de carnaval, l’art de la chasse, le Jugement dernier… C’est une période vaste toujours en lien avec notre actualité. L’intérêt est de se replacer dans cet imaginaire sans chercher à faire un travail historique ».

Avoir confiance

Ces iconographies en tête, chaque danseur a proposé sa propre danse « dans un cadre de développement de mouvement. Je ne voulais pas un apprentissage d’une pièce existante mais la création d’un spectacle grâce à moi. Je souhaitais que ce groupe soit à l’endroit de la création ». Pour les habitants, il faut construire une confiance. Cela se fait « par le regard des autres, par le contact, dans une ambiance bienveillante et ouverte. Nous travaillons beaucoup en atelier par groupe de deux ou trois personnes sur le regard, sur la façon de marcher, de se déplacer dans un espace, selon un rythme. Chacun est là où il peut ». Et chacun s’engage pleinement. « Nous ne sommes pas dans un projet flashmob. L’assiduité est très étonnante. Tout comme cette envie d’aller jusqu’au bout. Même s’il y a du stress ».

Pour le chorégraphe, les habitudes changent aussi. Les projets chorégraphiques avec 50 danseurs sont rares. « On peut créer des images très fortes, entre un duo et groupe, entre un solo et le groupe, avec aussi tout le groupe en entier ». La relation au mouvement n’est plus la même. « Il faut trouver l’efficacité du geste dans la simplicité. Comme on ne peut aller sur la technicité, il faut être davantage sur l’intention, la présence, la qualité du corps en mouvement. C’est très passionnant. Cela oblige à réinterroger un savoir faire, à se débarrasser des habitudes et des moments appris, à revenir à une danse faite d’action et de présence ».

Infos pratiques

  • Samedi 22 juin à 18 heures au Théâtre des Arts à Rouen.
  • Tarif : 5 €.
  • Réservation au 02 35 98 74 78 ou sur www.operaderouen.fr