C’est l’histoire de Cendrillon. Et pas tout à fait l’histoire de Cendrillon. Joël Pommerat s’est inspiré de Perrault pour écrire ce conte moderne et poétique sur la vie et la mort. La compagnie Le Temps est incertain mais on joue quand même en donne une version décapante jeudi 12 septembre en plein air pour l’ouverture de la saison du Rive gauche à Saint-Étienne-du-Rouvray.

Avec la compagnie Le Temps est incertain mais on joue quand même, tout semble simple. Lors de cette Tournée des villages, « on arrive, on monte un plateau, un bar, une librairie. On accueille, on joue et on parle avec le public ». Rendez-vous jeudi 12 septembre à Saint-Étienne-du-Rouvray pour une représentation de Cendrillon, le conte de Joël Pommerat, donnée en extérieur sur une petite scène pour créer un lien privilégié avec le public.

Là, Cendrillon se prénomme Sandra. Elle a du mal à se construire depuis le décès de sa mère, depuis cette phrase qu’elle a cru entendre : « tant que tu penseras à moi tout le temps, sans jamais m’oublier plus de 5 minutes, je ne mourrai pas tout à fait ». Les tourments de la jeune fille se multiplient avec le remariage de son père. Elle doit partager sa vie avec une belle-mère orgueilleuse qui ne supporte pas de vieillir et ses deux filles qui ne peuvent pas se séparer de leur téléphone portable. Malgré tout, il faut bien affronter la vie. Et la bonne fée viendra l’aider dans cette aventure. Quant au prince, il n’est pas non plus des plus optimiste.

« Joël Pommerat a une écriture contemporaine qui peut paraître banale mais qui est en fait d’une force et d’une intelligence incroyables. Chaque mot a son importance et est répété de manière différente. Dans cette pièce, il faut faire entendre le texte sans le dénaturer et sans imposer un point de vue ».

Frédéric Lapinsonnnière, comédien

La vie, la mort…

François Lapinsonnière joue deux personnages opposés. Tout d’abord la Bonne Fée, complètement folle et déprimée. Elle n’a plus de pouvoir mais se souvient encore à 874 ans de quelques tours de magie. « Elle est un peu poétique. C’est une femme qui essaie de parler de son propre ennui et en devient touchante. Elle peut être cash dans ses propos et fait un bel aveu de la finitude ». Le comédien est aussi la grande sœur, « méchante et un peu gourde. Elle écrase des gens parce qu’elle est écrasée elle-même par sa propre mère. D’où sa méchanceté. Avec sa sœur, c’est un jeu de ping pong ».

La compagnie Le Temps est incertain mais on joue quand même, en costume et perruque, mène l’histoire sur un rythme effréné. « Nous sommes sur un petit plateau. Ce qui nous oblige à tout faire passer par le corps. Tout est mouvement. Il faut être assez expressif. C’est assez tonique », remarque Frédéric Lapinsonnière. Cette Cendrillon parle de la vie et de la mort, aussi de la place des femmes à travers cette belle mère qui veut paraître plus jeune et pense s’élever uniquement avec son physique et en faisant de son entourage des esclaves. Tout n’est pas noir puisque la Bonne Fée va rendre de l’espoir à Sandra en imaginant des mondes qui n’existent pas.

Infos pratiques

  • Jeudi 12 septembre à 18h30 place Jean-Prévost à Saint-Étienne-du-Rouvray
  • Spectacle gratuit et tout public à partir de 7 ans