Des histoires d’amour et de théâtre

Photo : Frédéric Iovono

Le temps d’un Songe d’une nuit d’été se prépare un mariage, répète une troupe de théâtre, se nouent et se dénouent des liens amoureux. Arnaud Anckaert met en scène pour le Théâtre du prisme cette pièce classique et féerique de Shakespeare. C’est à voir mardi 13 janvier au Rayon vert à Saint-Valery-en-Caux.

Avec sa compagnie le Théâtre du prisme, Arnaud Anckaert parcourt avec délice l’écriture théâtrale britannique, surtout contemporaine. Quelques années après Mesure pour mesure, le metteur en scène fait à nouveau un détour par Shakespeare (1564-1616) avec Le Songe d’une nuit d’été, une pièce nouvellement traduite et adaptée par Clément Caman-Mercier .

Pour Arnaud Anckaert qui avait le souhait de travailler sur l’amour et le désir, c’était une condition. « Les traductions, même modernes, ont toujours une date de péremption. La langue se modifie au fil des années. La façon de la recevoir aussi. Je voulais un texte accessible, compréhensible. J’ai trouvé dans le travail de Clément Caman-Mercier une forme de modernité, une écriture contemporaine. Il a mis cette pièce au goût du jour à travers son écriture. Néanmoins, le tout reste du Shakespeare ».

En trois récits

Le Songe d’une nuit d’été, jouée mardi 13 janvier au Rayon vert à Saint-Valery-en-Caux par une troupe de sept comédiens et comédiennes, est une pièce de théâtre fantastique où se mêlent poésie, magie et trivialité. Sans oublier l’amour… À Athènes, Thésée, le duc, et Hippolyta, reine des Amazones, préparent leur mariage. Pendant ce temps, dans la forêt voisine où les artisans répètent une pièce de théâtre pour les noces, se déroule une crise de jalousie entre Obéron et Titania qui se disputent au sujet de leurs conquêtes respectives, a priori nombreuses. Alors le roi des fées demande à Puck, son fidèle serviteur, quelque peu malicieux, de concocter un philtre d’amour et d’en faire usage sur son épouse. Ce qui va créer quelques quiproquos. Du désordre, il y en a aussi chez de jeunes amants. Hermia et Lysandre s’aiment comme des fous. Or le père a choisi, pour sa fille, Demetrius dont est amoureuse Helena. Hermia et Lysandre s’enfuient alors dans la forêt. Ils sont poursuivis par Demetrius qui est aussi poursuivi par Helena. Tout le monde va se retrouver dans la forêt et la fête se déroulera dans une grande confusion.

Voilà trois histoires dans une histoire. Avec Le Songe d’une nuit d’été, Arnaud Anckaert le confie : « j’ai découvert qui était Shakespeare et la puissance théâtrale de son écriture. C’est incroyable de modernité. Cette pièce a une dramaturgie moderne, pose la question du temps… Elle touche des points symboliques et psychologiques. Il y a des choses profondes, des archétypes comme la nuit, la lune, la puissance des rêves… »

« Croire au théâtre »

Le théâtre de Shakespeare offre ainsi un moment magique. « C’est ce qui est dingue, se réjouit le metteur en scène. Nous sommes encore capable aujourd’hui de croire au théâtre. Le public a envie de croire à une histoire. Il a encore ce fond de naïveté, dans le plus beau sens du terme. Il y croit de manière joyeuse et ludique. Une pièce de Shakespeare fonctionne encore à un moment où on nous parle de révolution, de polarité, de clivage. Alors ce moment-là donne espoir ».

Le Songe d’une nuit d’été raconte certes des passions amoureuses mais aussi un monde sans frontières entre le réel et l’imaginaire et un théâtre avec plein de possibles. Dans la forêt de lettres, loin du monde, se joue une comédie, où les personnages ont perdu une partie de leur raison, sur une bande son électro ou tout simplement un rêve.

Infos pratiques

  • Mardi 13 janvier à 20 heures au Rayon vert à Saint-Valery-en-Caux
  • Durée : 2 heures
  • Tarifs : de 19 à 10 €
  • Réservation au 02 35 97 25 43 ou en ligne
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