Le musée des Beaux-Arts à Rouen et la galerie Duchamp à Yvetot célèbrent ensemble le centenaire de la disparition de Charles Angrand qui a consacré sa vie au dessin. Jusqu’au 9 janvier 2027, deux expositions, De L’Ombre à la lumière et Paysage(s), réunissent des œuvres de cet artiste normand qui raconte avec sensibilité le quotidien à la campagne.
« Ce sont les plus beaux dessins de peintre qui soient, des poèmes de lumière, bien combinés, bien exécutés, tout à fait réussis. » Paul Signac souligne en 1899 tout le talent de Charles Angrand (1854-1926). Cet artiste normand, disparu il y a tout juste cent ans, et figure majeure du néo-impressionnisme a réalisé une œuvre encore peu connue. Pourtant, celle-ci est considérée comme rare par son originalité, sa délicatesse, sa complexité et son silence.
Charles Angrand est formé à l’école de peinture et de dessin à Rouen et exposera une première fois en 1878. Quatre ans plus tard, il est nommé répétiteur au lycée Chaptal à Paris où il noue des relations amicales et artistiques, notamment avec Georges Seurat, Paul Signac… En 1896, Charles Angrand quitte Paris pour venir vivre à Saint-Laurent-en-Caux. Là, il se consacre au dessin ; délaissant ainsi la peinture après un constat d’échec et d’impuissance face à la couleur.
Au fusain et au crayon, puis le pastel
Le musée des Beaux-Arts à Rouen et la galerie Duchamp à Yvetot s’associent pour présenter jusqu’au 9 janvier 2027 un ensemble de pièces, au fusain et au crayon, de Charles Angrand dans une double exposition, De L’Ombre à la lumière, et Paysage(s), pensée par les deux commissaires, Jeanne-Marie David et Alexandre Mare.
« Charles Angrand est un artiste qui s’est mis en retrait. Il passe ses journées à peindre et travaille de façon solitaire avec une haute exigence. Et ce travail, c’est d’aller vers la lumière, il commence à noircir et fait naître le sujet par la lumière. Comme un vrai chercheur. Il a inventé une nouvelle façon de dessiner. Cette nécessité d’inventer correspond à une nouvelle façon de peindre. Il y a une recherche d’harmonie, des lumières, des lignes, des courbes », explique Jeanne-Marie David. Charles Angrand représente sa campagne cauchoise, des scènes de vie quotidienne, une mère enlaçant son enfant… Lorsque la couleur commencera à lui manquer, il utilisera le pastel, et ce avec des gestes plus vifs. Les dessins, réalisés avec des traits plus rapides, deviennent alors plus abstraits.




Infos pratiques
- Jusqu’au 9 janvier 2027, tous les jours, sauf le mardi, de 10 heures à 18 heures au musée des Beaux-Arts à Rouen. Entrée gratuite. Renseignements au 02 35 71 28 40 ou en ligne
- Jusqu’au 9 janvier 2027, les mardi, mercredi, vendredi et samedi de 10 heures à 12h30 et de 14 heures à 18 heures au musée des Ivoires à Yvetot. Renseignements au 02 35 95 08 40 ou au 02 35 96 36 90 ou en ligne
