La saison 2026-2027 de la Scène nationale de Dieppe compte 53 spectacles et proposera une offre cinématographique plus importante. Elle est présentée présentée vendredi 11 et samedi 12 septembre juste avant Clan Cabane, un spectacle de La Contrebande.
Dieppe Scène nationale, c’est désormais trois lieux. À la grande salle à Dieppe et au Drakkar à Neuville-lès-Dieppe, il faut ajouter DSN-Rex, une salle de cinéma de 120 places, ouverte depuis mai 2026 et située au cœur de la ville. Cet endroit qui accueille le public tous les jours, sauf le lundi, a connu un lancement encourageant en terme de fréquentation. DSN-Rex a pour mission de proposer une offre cinématographique art et essai mais aussi de devenir à l’automne un complexe dédié aux formes innovantes et à l’éducation aux images. Une nécessité, selon Simon Fleury, directeur de DSN, pour « apprendre à analyser les images, retracer leur histoire et s’interroger sur leur valeur après l’arrivée de l’intelligence artificielle. Il y aura un vrai parcours. »
L’ouverture de DSN-Rex offre également de nouvelles perspectives. « Elle augmente le temps de plateau de la grande salle pour la programmation — il y aura plus de spectacles — et pour les résidences des compagnies. Avec le label art et essai, nous avions une contrainte : nous étions tenus de respecter le nombre d’au moins mille séances chaque année. Avec DSN-Rex, nous en aurons 1 500. Nous garderons cependant des projections dans la grande salle parce que nous y sommes très attachés. » Autre avantage : « une porosité entre les publics du cinéma et du théâtre. »
Il est possible d’ajouter un quatrième endroit. Le Barvis est le lieu de rendez-vous avant et après les spectacles où se déroulent également des soirées dj. DSN laisse carte blanche à La Machine qui programme des concerts tout au long de la saison. À l’affiche : Flowers For The Dead, Divine Shade, Trainfantôme, Monsieur Thibault et Catchy Peril. Le Barvis est enfin ouvert aux écoles de musique et aux associations pour des soirées à thème.
53 spectacles
Les récits sont intimes, sensibles, parfois absurdes dans les 53 spectacles de cette saison 2026-2027. Ils sont empreints d’un grand élan de vie. Simon Fleury a veillé à un plus grand équilibre entre les disciplines artistiques. Au théâtre, Kristel Largis-Diaz dévoile des secrets enfouis dans une Espagne franquiste dans Coucoú. Les souvenirs sont aussi très présents dans Ma République et moi. Issam Rachyq-Ahrad raconte l’histoire de sa maman, agressée verbalement par un élu du Rassemblement national. La compagnie Stadios mène une enquête sur la formule 1 dans Virage. Le Collectif #Metoothéâtre poursuit son combat sur scène. Violaine Brébion écoute Le Chœur des femmes dans un service médical.
Les classiques sont abordés avec un autre regard. La 2B Company partage son admiration pour Phèdre. Les Estivants reviennent sur la vie du dramaturge français bien connu dans La Saga de Molière. Les Anges au plafond invitent au banquet de Zeus dans Prométhée, La Révolte. La Compagnie des petits champs fait entendre Les Voix de Carmen, des femmes libres.
La danse tient une place toute particulière dans cette programmation 2026-2027. Mazelfreten propose de célèbrer le collectif et la musique électro dans Rave Lucid. Comme les compagnies Nassangar et Sons Of Wind dans Stuck et Bounce. Avec Fouad Boussouf, directeur du Phare au Havre, la danse se mêle au foot dans °Up et Oum Kalthoum croise Omar Khayyam dans Oüm. Jann Gallois réunit six danseuses pour évoquer « la puissance de la douceur » dans Imminentes. Claire Laureau et Nicolas Chaigneau de PJPP sont Derrière pour jouer les ratages et les situations absurdes vécus lors des spectacles.
Le rap et le théâtre
Des ratages, il y en a aussi dans Monographie de Guillaume Martinet qui s’amuse avec virtuosité et dans Je suis né pour rater de Lucas Bergandi. Jeanne Mordoj crée un duo d’acrobatie et de jonglage dans Cousumain, un spectacle de cirque poétique. De l’acrobatie encore avec Coline Garcia qui a écrit Hyperboles pour des circassiennes et des skateuses.
Le rap se marie au théâtre. Médine présente les Enfants du destin, des contes abordant la colonisation et l’oppression. Stéphane Eicher est seul sur scène et se raconte. Forbon N’Zakimuena narre son histoire, notamment cet épisode durant lequel on lui demande d’être français dans Zola… pas comme Émile !!!. Youssoupha revient sur ces quinze années d’écriture avec un chœur gospel et Abd Al Malik traverse à nouveau Gibraltar, vingt ans après sa sortie.
Durant cette saison, les artistes associés à la scène nationale de Dieppe viennent présenter leur nouvelle création. Après Maldonne, Leïla Ka sera entourée de sept femmes qui se libèrent dans Lullaby Shot. Des Épopées se racontent avec Julia Bérès qui entrelace des récits de personnes venues d’Afghanistan, de Palestine, de Russie, d’Israël et d’Iran. La Compagnie 14:20 emmène dans une grotte de papier pour suivre des ombres créées par Philippe Beau et se laisser bercer par les illusions dans Dans Ma Paume.
Infos pratiques
- Vendredi 11 et samedi 12 septembre à 20 heures à la grande salle de la Scène nationale de Dieppe
- La présentation de saison est suivie du spectacle Clan Cabane de La Contrebande
- Soirée gratuite
- Réservation au 02 35 82 04 43 ou en ligne
