COVID 19 : Pas de concerts. Pas de spectacles. Pas d’expositions… nous avons une belle pensée et apportons tout notre soutien à tous les acteurs et actrices du monde culturel, particulièrement affectés par cette mesure. Prenez soin de vous. Restez chez vous et toujours aussi curieux !

Cirque au théâtre Charles-Dullin : inventer un sens à sa vie

par | 21 mars 2018 | Cirque

Le théâtre, le cirque et la musique se marient pour porter la nouvelle de Franz Kafka, Premier Chagrin. C’est Kafka dans les villes avec Les Lucioles, Gaëtan Lévêque et Sequenza 9.3 qui jouent jeudi 22 mars au théâtre Charles-Dullin à Grand-Quevilly et vendredi 30 mars au Cadran à Evreux pendant le festival Spring.

photo Claire Leroux

C’est une aventure collective lancée par Le Plus Petit Cirque du monde qui a réuni son artiste associé, Gaëtan Lévêque, l’ensemble musical Sequenza 9.3, dirigé par Catherine Simonpietri, le compositeur Philippe Hersant et la compagnie Les Lucioles avec Lise Vigier et Frédérique Loliée. Là, le cirque se mêle d’opéra, de théâtre et de littérature.

Comment rassembler des artistes issus de disciplines différentes sur un même plateau ? Pas simple lorsque « chacun n’a pas le même timing », précise Frédérique Loliée. « Un circassien doit s’échauffer et se mettre à travailler très vite. Un acteur, lui, peut répéter 10 heures par jour. Un chanteur ou un musicien arrive en répétition en connaissant sa partition. Quand il chante ou joue, on ne l’interrompt pas. Il va jusqu’au bout de son morceau. A un comédien, on peut lui demander de reprendre un texte. Après une pause, un musicien réagit musicalement et non par rapport au texte. Il demande : quelle mesure ? Il a donc fallu que tout le monde s’apprivoise. Cela a été vraiment notre challenge parce que ce spectacle est le fruit d’une écriture de plateau ».

Une métaphore de la vie

Au final : 5 résidences de création pendant un an et demi pour deux comédiens, quatre circassiens, six chanteurs et deux instrumentistes qui ont écrit Kafka dans les villes, un spectacle présenté au théâtre Charles-Dullin et au Cadran. « Ce temps a produit une écoute, une patience. Tout le monde a avancé dans l’inconnu. Quand nous avons commencé, nous ne savions pas où nous allions. C’est un spectacle très particulier avec plusieurs niveaux de lecture. Le public peut entrer dans l’histoire par le biais de la musique, du cirque ou du texte ».

La musique, c’est celle de Philippe Hersant qui a composé un opéra miniature. Elle est illustrée par le travail de Gaëtan Lévêque. Quant au texte, il est inspiré de la nouvelle de Franz Kafka qui a beaucoup écrit sur le cirque. Premier Chagrin raconte l’histoire d’un ancien impresario à la recherche des numéros de cirque les plus extraordinaires pour son lieu en faillite. Il va alors se souvenir d’un trapéziste qui ne vit que pour son art. Pétri de doutes, celui-ci ne voudra plus descendre de son agrès. Il va y manger, y dormir, rencontrer ses fantômes. « Il fallait du cirque pour faire entendre cette histoire. Le cirque est l’art du risque, de la virtuosité. On reste suspendu à cela. Comme face à l’écriture de Kafka », remarque Frédérique Loliée.

Kafka dans les villes est une métaphore de la vie. « L’artiste a des doutes sur son travail et la finalité comme nous pouvons avoir des doutes sur le sens de sa vie. Ce texte interroge notre façon d’être au monde, le fait d’inventer sa vie pour ne pas reproduire une normalité ». Le texte produit un mouvement, un sens, donc un numéro pour ce spectacle tant attendu. Ce peut être tragique et aussi comique. On jongle avec cette vie, pleine d’obstacles, qui peut conduire à la chute ou amener jusqu’au sommet.

 

 

  • Jeudi 22 mars à 20 heures au théâtre Charles-Dullin à Grand-Quevilly. Tarifs : de 19 à 10 €. Pour les étudiants : carte Culture. Réservation au 02 35 68 48 91 ou sur www.dullin-voltaire.com
  • Vendredi 30 mars à 20 heures au Cadran à Evreux. Tarifs : de 20 à 8 €. Pour les étudiants : carte Culture. Réservation au 02 32 29 63 32 ou sur www.letangram.com

À lire également

ut facilisis id libero risus non ut velit,