photo Hervé Goluza

photo Hervé Goluza

Bertrand Belin est le maître de cérémonie de Rush. Damien Schultz en est le fil rouge. Comédien, performeur, réalisateur de courts métrages, il va intervenir tout au long de cette nouvelle édition du festival du 106 qui a lieu du 27 au 29 mai sur la presqu’île Rollet à Rouen. Damien Schultz est un jongleur de mots. Il les clame, les répète pour démontrer toute leur puissance. Il parle aussi très vite, sur scène, comme pendant une interview.

 

Vous étiez comédien. Vous êtes-vous lancé dans la poésie sonore parce que vous vous ennuyiez ?

Il y a un peu de cela. Mais c’est surtout parce que j’avais un fort désir de cinéma. Dans ce domaine, tout est compliqué. Il faut écrire un scénario, trouver de l’argent… Avec la poésie sonore, il y a une simplicité du matériau et dans la manière de faire. Il est possible d’écrire le texte le matin et de le jouer le soir. Ce qui permet d’avoir un retour immédiat.

 

Faut-il davantage faire un parallèle avec le cinéma ou avec la musique ?

Je suis un gros fan de musique. Ce désir de musique est lié à la parole. Je viens plus de la musique électronique avec toute la poésie que cela engendre. En fait, je me définis davantage comme un performeur de mots. Je ne suis pas un poète. Je veux rester humble. J’ai des amis poètes qui passent dix heures par jour pour écrire un texte ou pour trouver la bonne phrase. Je ne fais pas ça.

 

Dans vos textes, il y a des sortes de boucles avec les répétitions.

C’est ce qui m’a amusé parce que je devais faire sans machines et remplir l’espace. Il n’y a que la parole. Je devais remplir cet espace avec mon corps. C’était tout le challenge.

 

Comme un comédien.

Oui, comme un comédien. Si je ne l’avais pas été, je n’aurais pas réussi cela.

 

Y a-t-il une part d’improvisation lors de vos performances ?

Mes textes sont des partitions. Je peux alors broder, faire des variations. La part d’improvisation se trouve dans la variation autour de quatre phrases.

 

 

 

 

Vous êtes dans la performance. Quelle place accordez-vous au sens ?

Le fond et la forme sont liés. Je viens du monde de l’image. Je souhaite que le public ait des images en tête le plus vite possible. Même s’il ne peut pas tout capter. Je veux qu’il attrape des images au vol grâce à la musicalité de la langue.

 

Est-ce que votre objectif est aussi de raconter des histoires, comme au cinéma ?

Oui, il y a une construction d’une histoire. Beaucoup de poètes sont dans l’évocation d’images. Dans mes textes, il y a une narration que je déconstruis. J’aime bien déconstruire les histoires.

 

Est-ce qu’un artiste vous a inspiré dans cette démarche ?

J’ai vu plusieurs fois des poètes sonores. Je trouvais leurs prestations très excitantes. J’ai eu le déclic lorsque j’ai vu Charles Pennequin pour la première fois. Je bougeais la tête comme à un concert de rock. Il y avait cette énergie mauvaise que seul le rock peut donner.

 

Qu’avez-vous imaginé pour Rush ?

J’ai prévu un certain nombre de textes évoquant les festivals. Qu’est-ce qu’un festival ? Qu’est-ce qu’un festivalier ? Il y a aussi d’autres textes qui n’ont rien à voir avec les festivals. Bertrand Belin m’a demandé d’être le fil rouge. Je vais donc faire deux interventions traditionnelles sur scène et aussi faire quelques surprises tout au long du week-end en divers lieux.

 

Le programme de Rush

  • Vendredi 27 mai de 17 heures à 2 heures : Damien Schultz, Mocke Trio, Charles Pennequin, Bodybeat, Marietta, Cavern of Anti-Matter, Rover et projection de Wendy & Lucy de Kelly Reichardt
  • Samedi 28 mai de 14 heures à 2 heures : Eddy Crampes, Eric Chenaux, Bertrand Belin, Nord, Thee Verduns, Arlt, Katerine, The Limiñanas et projection de Old Joy de Kelly Reichardt
  • Dimanche 29 mai de 13 heures à 21 heures : Damien Schultz, Jim Yamouridis, Loya, Eric Copeland, Bertrand Belin, Elg, Helena Hauff, Har Mar Superstar
  • Festival gratuit
  • Lire l’interview de Bertrand Belin