Edouard Louis avait fait beaucoup parler de lui avec la sortie de En finir avec Eddy Bellegueule. L’auteur vient de publier Histoire de la violence qu’il présente mardi 23 février à l’Armitière à Rouen et mercredi 24 février à la Galerne au Havre.

 

photo John Foley

photo John Foley

Pour son premier livre, il avait signé Eddy Louis et le titre était En finir avec Eddy Bellegueule (Seuil). Eddy-Eddy, le parallèle était immédiat. Le roman en était à peine un au sens où il avait un goût prononcé d’autobiographie. Un récit d’autant plus fort qu’il était autobiographique et qu’il racontait une jeunesse ravagée par un environnement hostile, une souffrance physique mais aussi une souffrance psychologique. Un roman « coup de poing », de ceux qui vous sonnent littéralement et qui fut d’ailleurs salué par la critique et les lecteurs.

 

Eddy revient cette fois sous le nom d’Edouard. Dans Histoire de la violence, il ne raconte plus son enfance mais juste un épisode de sa vie de Parisien, libéré de ses chaînes anciennes. Juste un épisode, un événement suffisamment « impactant » – comme on dit de plus en plus souvent – pour en faire l’argument de ces 250 pages. Une rencontre avec un certain Reda va lui faire frôler la mort ; Reda qui va devenir l’amant d’Edouard avant de lui braquer son arme sur la tête…

 

A travers cette tragédie dont Edouard Louis va nous faire vivre l’avant et l’après, c’est sans doute bien plus qu’un fait divers que l’auteur a voulu révéler. Il a probablement voulu lui donner un caractère universel pour en faire une sorte d’exemple, démontrer que cette histoire avait quelque chose de représentatif de la violence. Comment elle naît, comment elle se propage, comment elle brise tout sur son passage. Et finalement, ce jeune homme qui a vécu une enfance tragique et solitaire ne parvient pas à s’arracher à cet isolement et à la violence. Les personnages qui gravitent autour de lui, même s’ils tentent de l’aider chacun à leur manière, ne semblent pas parvenir à franchir la barrière d’une victime qui n’est pas décidé à ouvrir. Ils n’ont pas de chair ou presque et reste des alpinistes épuisés au premier campement…

 

Le roman s’appelle Histoire de la violence ; il aurait pu tout autant s’intituler Histoire de la solitude. Au fond, c’est ce qu’il reste au bout de la lecture : le portrait d’un homme blessé qui ne peut plus pactiser avec les autres.

 

H.D.

 

  • Rencontre avec Edouard Louis mardi 23 février à 18 heures à L’Armitière à Rouen et mercredi 24 février à 18 heures à la Galerne au Havre. Entrée libre