Le musée Malraux au Havre expose jusqu’au 29 septembre une quarantaine de toiles de Pissaro. Toutes ont été peintes en 1883 et 1903 dans les ports de Rouen, Dieppe et Le Havre

DSCF0335Entre Le Havre et Pissaro, des liens se sont tissés. En 1903, le peintre séjourne dans la ville pour terminer sa série sur les ports. Il parviendra à vendre deux tableaux pour le prix de 4 000 francs. Ces toiles, Vue de l’avant-port du Havre, sont alors les premières et les seules œuvres qu’il cèdera de son vivant à un musée français puisque Pissaro devait décéder trois mois plus tard. Pour le festival Normandie impressionniste, le musée Malraux au Havre a réuni jusqu’au 29 septembre des peintures effectuées dans les trois grands ports haut-normands.

Pour Pissaro, cette aventure commence à Rouen en 1883. Le peintre se cherche à ce moment-là, réfléchit à d’autres motifs comme les scènes et les paysages ruraux. Rouen lui offre un site urbain. Comme Monet, il travaille en série afin de construire un ensemble cohérent. Ce qui est une première pour lui. Pissaro revient deux fois en 1896, puis en 1898 et reste fasciné par l’activité portuaire, par l’ambiance de ces lieux atypiques. Face à ce spectacle, il assure avoir « tâché de donner une idée du mouvement, de la vie, de l’atmosphère du port si peuplé de bateaux fumants, des ponts, des cheminées, des quartiers de la ville dans la brume, le brouillard, le soleil couchant… En fait, j’ai fait ce que j’ai vu et senti ».

Après Le Havre, Pissaro se rendra à Dieppe où il s’attache à la vie du centre historique, puis aux larges vues qu’offre le paysage portuaire. A l’issue de son séjour, Pissaro qui a peint vingt toiles en donne une, L’Avant-port de Dieppe, après-midi, soleil au musée de la ville.

Après Rouen, Dieppe, Pissaro se laisse charmer par Le Havre. 24 tableaux seront peints des fenêtres de l’hôtel Continental. « Je vois passer devant ma fenêtre toute la journée les grands steamers transatlantiques ». Le spectacle est donc formidable pour l’artiste parce qu’il se renouvelle sans cesse.

Le musée Malraux présente une trentaine de toiles de cette série consacrée aux ports normands. Un bel ensemble qui montre un véritable attachement à un motif à travers la vie urbaine, l’activité humaine et industrielle. Pissaro emmène le visiteur dans diverses atmosphères, lumineuses, puis brumeuses enfin pluvieuses.

 

  • Jusqu’au 29 septembre, du lundi au vendredi, sauf le mardi, de 11 heures à 18 heures, les samedis et dimanche, de 11 heures à 19 heures au musée Malraux, 2, boulevard Clemenceau au Havre. Tarifs : 9 €, 6 €. Renseignement au 02 35 19 62 62 ou sur www.muma-lehavre.fr