Seul au piano, à la guitare et aux synthés. Christophe a choisi cet exercice inédit pour lui. Un vrai défi pour ce musicien inclassable, élégant et mystérieux qui revisite là un répertoire très riche composé lors de ces 50 années de carrière. Aline, Les Paradis perdus, Les Mots bleus, Succès fou… Christophe interprétera ses plus grands tubes et les autres lors de cet Intime Tour qui devait faire étape mardi 1er avril au théâtre de l’hôtel de ville au Havre. Le concert est reporté au jeudi 4 décembre.

 

 

 

Pourquoi avez-vous attendu aujourd’hui pour partir seul en tournée ?

Je ne savais pas jouer du piano. J’ai été obligé d’apprendre pour arriver à cette performance. Pour moi, c’est une vraie performance. Cela n’a pas été simple. C’est un travail que j’ai fait pendant trois mois. Je joue de mieux en mieux mais je ne suis pas maître de l’instrument.

 

Avez-vous néanmoins pris du plaisir lors de cet apprentissage ?

J’ai évité de faire des gammes, des techniques instrumentistes. A mon âge, je n’ai pas les mains et le temps d’une personne qui va faire un long parcours avec le piano. Pour moi, l’apprentissage se fait sur les routes. Depuis les années soixante-dix, j’utilise beaucoup les synthés pour poursuivre mon travail de recherche. Je me suis mis au piano dans les années quatre-vingt à ma façon pour jouer des choses en impro. Je ne savais ce qu’étaient les dièses et les bémols. Aujourd’hui, je joue surtout sur les dièses. Tout cela crée des failles.

 

Jouez-vous avec ces failles lors des concerts ?

Oui, je joue avec. Quand je sens que je suis perdu, je fais une nuance. Cela donne de la vie à ces concerts. Je commence maintenant à être à peu près content du son. Beaucoup de gens voient la scène par rapport à leur public. Ce n’est pas du tout mon cas. Moi, je dois passer par le plaisir. Et le plaisir, ça se partage.
Vous parliez d’improvisation. Est-ce que les lieux vous inspirent ?

Oui, les lieux comptent beaucoup pour moi. Je considère les concerts comme des promenades. J’ai passé des week-ends dans les villes en France et à l’étranger. Elles ne sont jamais les mêmes. Je n’ai aucune play-list établie. Je la change en fonction des villes et selon le feeling. Je suis dans une impro complète.

 

Pour être en improvisation complète, ne faut-il pas être maître de son instrument ?

Je ne le suis pas et j’en suis loin. Mon apprentissage a commencé en septembre 2012 et s’est arrêté en janvier 2013. Le premier concert a été un peu difficile. Comme je suis un joueur, je me suis dit : on verra bien. J’ai continué mon apprentissage devant le public. Pendant ce concert, je vais du piano, à la guitare et aux synthés. Je varie les plaisirs et je me sens plus à l’aise. Je joue de la guitare depuis les années 1960 et je me contente de mon jeu. Je n’ai jamais cherché à m’améliorer. Aujourd’hui, je préfère le synthé.

 

Pourquoi ?

Il offre une très grande palette sonore. Maintenant, le piano vient m’agacer. Je me rends compte qu’il peut m’ouvrir des portes.

 

C’est une aubaine.

Non. Depuis quatre ans, je travaille sur un album. Quand on travaille sur un projet, il faut rester concentré sur ce projet, ne pas en sortir, ne pas être perturbé. Je ne veux pas mener d’autres recherches en parallèle. Il faut maîtriser son art du moment.

 

Est-ce que votre passion pour la musique reste intacte ?

Oui, j’ai toujours cette passion. Je crois même qu’elle grandit. J’ai vraiment ce côté passionné qui est en moi. Il y a aussi un côté instinctif.

 

  • Jeudi 4 décembre à 20h30 au théâtre de l’hôtel de ville au Havre. Tarifs : de 38 à 30 €. Réservation sur www.letetris.fr