Marie-Stéphane Cattaneo est comédienne et scénariste. On l’a vue dans La Maladroite d’Éléonore Faucher, dans Garde alternée d’Alexandra Leclère, dans Jiminy d’Arthur Môlard ou encore Tête à Tête de Lisa Reznik. Elle est passée de l’autre côté de la caméra avec un projet très personnel dont le scénario a été retenu par l’association Eurydice. La réalisatrice est venue tourner un week-end de tempête Célestine à Fécamp et aux Petites Dalles après quelques séquences dans la banlieue parisienne. Elle présente son court métrage vendredi 8 novembre en ouverture du festival Eurydice au cinéma Le Grand Large à Fécamp. Entretien

Qui est Célestine ?

C’est une femme que j’ai imaginée. Célestine est un personnage inspiré de plusieurs femmes qui font partie de mon entourage et que j’ai rencontrées. Elle est un concentré de toutes ces femmes. Depuis toujours, je suis touchée par les vieilles dames. J’aime les écouter, les regarder. J’admire le parcours de vie des femmes. Il y a dans ces histoires quelque chose de touchant et de fascinant. Ce qui est étonnant : elles me les racontent comme si elles y étaient extérieures. C’est comme si tout s’était apaisé. Aujourd’hui, les vieilles dames ne sont pas mises en valeur. J’ai souhaité leur rendre un hommage.

Quelle est l’histoire de Célestine ?

Célestine a 80 ans. Elle est hors de la vie en passant ses journées derrière la fenêtre. Un jour, elle décide de partir sans avertir ses proches. Sur la plage de Fécamp, elle va rencontrer une autre femme, entre 40 et 50 ans, qui a aussi ses problèmes. C’est un moment qui va marquer à jamais Célestine. Ces deux femmes vont se retrouver sur diverses questions, comme celles du temps qui passe, du regard que l’on porte sur soi. Tout est d’une sagesse et d’une simplicité.

Comment avez-vous rencontré Sylvie Artel, la comédienne qui interprète Célestine ?

Ce fut une belle coïncidence. Quand j’ai appris que le scénario avait été retenu par l’association Eurydice, j’étais tellement heureuse que j’en ai parlé au serveur du café qui se trouve en bas de chez moi. Lors de cette discussion, il me dit : j’ai la femme qu’il te faut. Je note le nom et les coordonnées de Sylvie Artel sur mon petit carnet. Malgré tout, j’ai tenu à faire un casting et j’ai retenu Sylvie, une comédienne joyeuse avec une énergie formidable. Je lui serai à jamais reconnaissante pour tout ce qu’elle a fait dans des conditions climatiques difficiles. D’autant que nous avions des journées bien remplies.

Pourquoi vous a-t-il fallu sept ans pour réaliser ce projet ?

Le scénario a en effet été écrit il y a sept ans. À cette époque, j’étais comédienne et je ne voulais pas confier cette histoire à quelqu’un d’autre. C’est un projet très personnel. Il m’a donc fallu me former à la réalisation, trouver une équipe… Je suis venue à Vattetot dans une maison de famille d’une de mes amies. En découvrant la région, je me disais que ce serait bien la Normandie pour cette histoire. La région est belle et proche de Paris. J’ai alors envoyé mon scénario à l’association Eurydice.

Comment s’est déroulé le tournage ?

Je suis très heureuse du tournage, des soucis que nous avons réussi à surmonter. Les deux premiers jours de tournage se sont déroulés dans la maison en région parisienne. Puis nous sommes venus en Normandie. Là, les choses ont commencé à se corser. Les scènes de voiture ne sont jamais simples à tourner. Mais nous avons appris l’arrivée d’une tempête de force 8 pour le week-end. Pour nous, il était impossible de travailler et je ne voulais pas repousser le tournage. J’ai réécrit le scénario en incluant la tempête à l’histoire de Célestine. Durant le samedi et le dimanche, ce fut un tournage contre la montre mais cette énergie a été victorieuse.

Aujourd’hui, vous ne voulez pas choisir entre le métier de comédienne, de scénariste et de réalisatrice. Pourquoi ?

Ce que j’aime avant tout, c’est raconter des histoires. J’aime tout ce qui participe à la création d’une histoire. J’aime cette idée que quelqu’un me donne la chance de la raconter. J’adore aussi  la direction d’acteurs. Je vis avec eux ce qu’ils sont en train de traverser quand ils jouent. Aujourd’hui, je n’ai pas envie de choisir mais on ne peut pas tout faire en même temps. Chaque projet pour chaque temps. Les prochaines fois, j’aimerais m’écrire des petits rôles.

Infos pratiques

  • Vendredi 8 novembre au cinéma Le Grand Large à Fécamp : concert de Martin Sixt à 19h30 et compétition nationale partie 1 à 20h30
  • Samedi 9 novembre au cinéma Le Grand Large à Fécamp : concert de Just Alone à 18 heures, compétition nationale partie 2 à 19 heures, concert de Hank à 20h30 et compétition nationale partie 3 à 21h30
  • Dimanche 10 novembre au cinéma Le Grand Large à Fécamp : compétition nationale partie 4 à 10h30, concert Hayden à 12h30, compétition jeunes réalisateurs à 14h30, KINO à 16 heures, palmarès à 17 heures et projection du palmarès à 17h30
  • Programmation complète sur www.festivaleurydice.fr