michel straussLe Festival de musique de chambre de Giverny a 10 ans. Michel Strauss, violoncelliste et fondateur de ce rendez-vous musical, réunit chaque année des musiciens de deux générations. Là, pas de cours mais la transmission d’une expérience des plus âgés au plus jeune. Pendant quinze jours, cette colonie réside ensemble, répète ensemble et se produit dans diverses formations de musique de chambre. La dixième édition s’ouvre jeudi 22 août avec Un Voyage en Russie et des œuvres d’Arenski, Prokoviev et Tchaïkovski au musée des impressionnismes à Giverny.

 

C’est la dixième édition du festival de musique de chambre à Giverny. Le portez-vous toujours à bout de bras ?

Oui et, comme j’ai dix ans de plus, c’est de plus en plus lourd. Cela quatre à cinq ans que nous portons le festival à bout de bras. Nous sommes comme toutes les structures culturelles, nous souffrons. Chaque année, je me demande si on arrivera à boucler le budget, donc, si on organisera le festival. C’est épuisant parce que l’on passe la moitié de notre temps à chercher à se justifier. Et ce n’est plus du temps pour l’artistique.

 

Chaque année, vous retrouvez suffisamment de force pour organiser le festival.

Oui parce que ce festival est une expérience extraordinaire que nous partageons avec des personnes formidables, passionnées. Par ailleurs, s’il n’y avait pas la culture, la société irait encore plus mal.

 

Aujourd’hui, le festival a 10 ans, il a néanmoins réussi à trouver sa place dans le paysage musical.

Le festival s’est en effet bien installé parce qu’il est parti sur de bonnes bases sur le plan artistique. Nos exigences sont de plus en plus connues au niveau international. Il y a dix ans, je sollicitais des musiciens. Aujourd’hui, je reçois de nombreuses demandes, notamment de musiciens qui ont déjà participé au festival. Ils ont apprécié les conditions artistiques qui sont exceptionnelles. Il n’y a pas de course à l’ego. Chacun joue, répète… A la fin du festival, des trios, des quatuors se forment, des couples se rencontrent et se marient.

 

Pourquoi est-ce important de réunir des musiciens séniors et juniors ?

Parce qu’il y a une dichotomie entre les enseignants dont je fais partie et les jeunes qui sortent de nos écoles. Il y a une sorte de distanciation pontifiante. Jouer ensemble nourrit tout le monde. Les jeunes peuvent travailler six heures par jour et ont une expression pleine de fraicheur. Et nous, nous avons une expérience d’interprétation qu’ils n’ont pas encore.

 

Dans ce festival, vous accordez une place à la création chaque année.

J’y tiens. Cette année, nous avons demandé à Philippe Hersant de composer une pièce pour violoncelle et piano. C’est important d’avoir des contacts avec la création. Nous n’oublions pas la venue de Dutilleux.

 

C’est Bruno Mantovani, le compositeur invité. Pourquoi ce choix ?

Bruno Mantovani est un compositeur français qui monte, qui a beaucoup écrit pour les petits ensembles. Il compose des musiques très complexes. Son écriture est virtuose, demande beaucoup de travail personnel et de nombreuses répétitions.

 

Comment avez-vous imaginé cette dixième édition ?

Pour cette dixième édition, nous n’avons pas voulu de thème particulier mais souhaité reprendre les grands moments de ces dix ans. On ira en Russie, en Amérique, en Autriche, à Paris…

 

Le programme du festival

  • Jeudi 22 août à 20 heures : Un Voyage en Russie au musée des impressionnismes à Giverny
  • Vendredi 23 août à 20 heures : Vie et destin en l’église de Saint-Pierre-d’Autils
  • Samedi 24 août à 15h30 : Hommage à Bach en l’église de Giverny
  • Samedi 24 août à 20 heures : Esprit viennois au musée des impressionnismes à Giverny
  • Dimanche 25 août à 15h30 : Tango & compagnie au musée des impressionnismes à Giverny
  • Mercredi 28 août à 20 heures : Folksongs en l’église de Notre-Dame-de-L’Isle
  • Jeudi 29 août à 20 heures : Les Moments musicaux en l’église de Giverny
  • Vendredi 30 août à 20 heures : Musique française d’hier et d’aujourd’hui au musée des impressionnismes à Giverny
  • Samedi 31 août à 15h30 : Le romantisme à la française en l’église de Giverny
  • Samedi 31 août à 20 heures : Aurores boréales au musée des impressionnismes à Giverny
  • Dimanche 1er septembre à 15h30 : American dreams au musée des impressionnismes à Giverny

 

Les interprètes

  • Séniors : Wolfgang Holzmair, baryton, Macha Belooussova, Jean-Claude Vanden Eynden, piano, Michel Strauss, violoncelle, Gordan Nikolic, violon, Marcelo Nisinman, bandonéon
  • Juniors : Adriana Ferreira, flûte,  Raphael Drouin, Esther Assuied, piano, Mark Holloway, Megan Griffin, Emlyn Stam, Yeo-Jin Hwang, alto, Noëlle Weidmann, Maja Bogdanovic, Sietse-Jan Weijenberg, Hannah Collins, violoncelle, Nikita Boriso-Glebskiy, Eléonore Darmon, Irène Duval, Rosanne Philippens, Clara Lyon, Emmy Storms, violon,  Ulysse Vigreux, contrebasse,  Jean-Philippe Bescond, clarinette.

 

Infos pratiques

  • Tarifs : 17 €, 10 €, 90 € le Pass festival, 50 € le Pass 5 concerts.
  • Réservation au 09 72 23 33 52 ou sur contact@musiqueagiverny.fr