Nicole Ferroni 1Nicole Ferroni… On l’a vue à la télévision dans l’émission de Laurent Ruquier, On n’demande qu’à en rire. Sur France Inter, elle clôt la matinale tous les mercredis avec des billets acérés et joue les chroniqueuses dans On va tous y passer. Elle est aussi sur les planches de théâtre avec son spectacle L’œuf, la poule ou Nicole ?. Là, elle croque des personnages savoureux, comme une bourgeoise détestable, une jeune fille bien naïve ou une diva à la recherche d’histoires d’amour. Nicole Ferroni, ex-enseignante en SVT, joue mercredi 2 avril à l’espace culturel François-Mitterrand à Canteleu.

 

Quelle écriture préférez-vous ?

Je préfère l’écriture pour la radio. Parce qu’il y a une contrainte, un cadre. Paradoxalement, on est plus libre dans un cadre que dans le vide. On peut s’accrocher au cadre. J’ai un thème et je développe. La contrainte est un matériau pour produire quelque chose. Quand j’écris pour moi, je dois trouver ma propre contrainte. J’ai des écritures différentes. A la radio, comme à la télé, ce sont des formats courts. Cela m’a appris à couper dans mon texte. Cependant, je peux avoir de grosses frustrations. Après mon passage, il m’arrive de trouver d’autres angles plus pertinents, des idées plus drôles. Pour le théâtre, on travaille sur le long terme. On peut prendre son temps, écrire et réécrire. Il n’y a pas de format.

 

Quel plaisir avez-vous découvert à la radio ?

Pendant la matinale, il y a un invité. Cela m’oblige à me tenir au courant de son actualité. Avant, j’informais peu des sujets sociétaux ou politiques. Maintenant, je sais qui est ministre de quoi. C’est un grand progrès pour moi. Dans l’émission On va tous y passer, mon côté scientifique prend le dessus. J’utilise mon bagage universitaire. Et c’est vraiment grisant.

 

L’écriture en solitaire ne vous pèse pas trop ?

C’est vrai, je co-écris peu. A la radio, comme à la télé, on se retrouve dans un groupe. On se partage les spectateurs des uns et des autres. En revanche, sur scène, je suis toute seule. Toute seule dans la galère. Je le ressens beaucoup. Les expériences se complètent.

 

Pourriez-vous jouer le texte que vous n’avez pas signé ?

Oui, cela pourrait se faire. J’ai été attirée par le théâtre classique. Aujourd’hui, ce serait une contrainte de vie. J’habite à Marseille et je fais des allers et retours à Paris. Jouer dans une troupe impliquerait d’être à Paris. Et ça, je n’en ai pas envie. Donc je joue mes textes. Je pourrais aussi être seule sur scène.

 

Ou tourner au cinéma ?

J’ai tourné trois comédies dans lesquelles je joue de petits rôles. Il y a N’importe qui, Coming in et Divorce à la française. Cela m’a plu. Mais, le cinéma, c’est la perte de contrôle. Lorsque vous tournez quinze prises, ce n’est pas vous qui faites le choix à la fin.

 

Pourquoi êtes-vous attachée à Marseille ?

C’est ma région. J’aime Marseille avec la mer, la nature, la pinède, la garrigue. C’est une ville ancrée dans la nature même si elle s’est un peu enlaidie ces dernières années. J’aime le rythme de vie de cette ville. Il y a une espèce de lenteur. Paris est une ville plus agressive.

 

  • Mercredi 2 avril à 20h30 à l’espace culturel François-Mitterrand à Canteleu. Tarifs : 11 €, 7,70 €. Réservation au 02 35 36 95 80 ou sur www.ville-canteleu.fr
  • Première partie : Pauline Rouland.