Ce sont des pièces musicales qui sont très peu interprétées. Pour ce concert dimanche 12 janvier au temple Saint-Éloi à Rouen, Cori Spezzati, le chœur d’Olivier Opdebeeck, a choisi en effet les motets et doubles chœurs en latin de Heinrich Schütz.

Que vient faire Heinrich Schütz dans le répertoire de Cori Spezzati ? Olivier Opdebeeck a fondé son chœur en 1987 pour « faire vivre la musique vénitienne ». Comme beaucoup, le chef a été « ébloui par la ville. Venise est fascinante ». Pour lui, il était impensable que « la musique ne soit pas à la hauteur de la beauté des monuments ». Musicologue, il s’est lancé dans plusieurs recherches pour créer un à deux programmes chaque saison. 

Heinrich Schütz (1585-1672), artiste allemand, « a importé la musique vénitienne dans son pays ». Le musicien et compositeur a effectué deux voyages à Venise. Le premier a été l’occasion de rencontrer Giovanni Gabrieli (1557-1672). Auprès de l’organiste de Saint-Marc et pédagogue, il a appris l’art de manier la polychoralité. « Les liens entre les deux hommes étaient tellement forts que Gabrieli donna à Schütz une bague. Comme s’il était son propre fils ». Schütz repart à Dresde, où il est maître de chapelle, et revient à Venise en 1628, cette fois, pour faire la connaissance de Claudio Monteverdi (1567-1643). Deux expériences enrichissantes qui auront une influence considérable sur l’écriture de sa musique.

À quatre voix

Formé de 24 chanteurs et chanteuses, le chœur Cori Spezzati interprète dimanche 12 janvier des cantates sacrées de l’Opus 4, écrites en 1625. Des pièces à quatre voix avec une caractéristique, « la rhétorique ou l’art du discours. On s’intéresse au sens du texte et à la manière de le rendre le plus expressif. Schütz utilise le madregalisme pour exprimer la douleur, la joie ».

À ces œuvres, Olivier Opdebeeck ajoute le Da Pacem Domine, un psaume pour double chœur. « C’est une pièce difficile à interpréter. Le rythme des deux chœurs est différent. Le premier est dans la douleur alors que le second est dans l’exubérance, la joie, l’espoir d’une paix. Schütz relie son œuvre à des événements de sa vie, à la vie. C’est la guerre de Trente Ans. L’Allemagne est dévastée et le peuple souffre ». Certaines pièces seront chantées a capella ; les autres accompagnées par le luthiste, Vincent Maurice.

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