L’ACEAC, association pour la création et l’émergence dans les arts chorégraphiques accompagne seize jeunes danseurs et danseuses dans leur travail de création et de structuration de leur projet et poursuit son soutien à Maureen Nass, artiste associée qui nourrit sa réflexion artistique des recherches en anthropologie et en botanique.
Devenir danseuse n’était pas dans les projets de Maureen Nass. La jeune artiste a suivi une formation en arts visuels à la Haute École des arts du Rhin qui « permet de toucher à tout. J’ai toujours eu un goût pour l’image ». Elle fait ensuite un détour par la philosophie et l’anthropologie. « La question du corps m’a toujours intéressée. Surtout celle des corps que l’on habite, ces lieux qui sont des corps habités. Pour l’aborder, j’ai commencé à me mettre en scène. Ce qui me permettait de passer de l’extérieur d’un corps à l’intérieur ». La rencontre avec des chorégraphes l’incite à revenir dans le champ artistique et à intégrer Coline, la formation professionnelle du danseur interprète.
Artiste associée de l’Association pour la création et l’émergence dans les arts chorégraphiques jusqu’en 2026 et fondatrice de la compagnie May, Maureen Nass intègre toutes les disciplines parcourues dans sa recherche chorégraphique. Elle y ajoute « un travail d’enquête auprès de femmes, artistes, botanistes, historiennes de l’art… J’ai un intérêt pour les relations entre les végétaux et les corps. Cela a un lien avec l’histoire des civilisations et des sociétés avec ces plantes qui ont la faculté de guérir et d’empoisonner. J’ai récolté des histoires réelles et imaginaires, des savoirs transmis oralement de mère en fille ».
Dans sa première création, Urtica, Maureen Nass transmet ces récits. Elle danse et elle parle à voix basse. « Ce sont des voix et des images qui m’habitent. Il y a quelque chose de vibratoire ». Dans une interprétation très incarnée, elle ravive cette mémoire et partage des secrets. « C’est comme une constellation dans laquelle les choses cohabitent et se répondent ». La danseuse dessine un atlas des corps, des endroits sillonnées de traces laissées par les plantes.
