Avec Un champ de fraises pour l’éternité, au cinéma mercredi 1er juillet, Alain Raoust signe un film choral qui réunit des personnages vivant à l’année dans un camping, tous en quête d’amour, d’amitié, de bonheur simple.
Encore méconnu, Alain Raoust a tout de même quelques pépites à sa filmographie, comme le moyen-métrage La Vie sauve, Grand Prix du festival de Pantin en 1998 et le long-métrage La Cage, Prix de la Critique internationale à Locarno en 2002. Après L’Été indien (2007) et Rêves de jeunesse (2009), il revient aujourd’hui avec Un champ de fraises pour l’éternité, clin d’œil au titre des Beatles, Strawberry Fields Forever.
Ce film choral met en scène des gens simples, cabossés par la vie, installés à l’année dans un camping. Ils y ont trouvé un équilibre de vie autour de Radio Pomski, radio locale qui anime leurs heures creuses. Un équilibre brutalement fragilisé par l’annonce d’une potentielle expulsion visant à libérer le terrain.
Le réalisateur ouvre son film sur un ton nostalgique. Ce soir-là, Serge Pomski annonce que, faute de moyens, sa radio livre sa dernière bataille. Mais avec Alain Raoust, les histoires d’amour ne finissent pas toujours mal. Heureuse ou houleuse, passée ou prometteuse, elles sont en tout cas ponctuées de déclarations d’amour originales, prononcées par des hommes ou des femmes auxquels les comédiens donnent la même émotion bouleversante.
Tout peut être possible
Il faut voir — et écouter — Serge Pomski (le touchant Philippe Rebbot) raconter sa première rencontre avec Jeanne (Ariane Ascaride joue les fantômes), la femme de sa vie qui l’a quitté depuis. On assiste alors à un passage de relai entre Serge et le jeune Manu (Quentin Dolmaire) qui, tout en construisant sa cabane dans la forêt, tombe sous le charme peu banal de Lana Del Vélo (Kim Higelin).
Et puis, on suit l’évolution de la relation houleuse entre Raymond (Grégory Montel), conducteur de camion poubelle, amoureux de Jocelyne (Florence Loiret Caille), femme blessée, peu ouverte à la romance. Il lui en faudra du temps — et toute la patience de Raymond — pour laisser son cœur faire boum-boum alors que, de son côté, Karim (Oussama Kheddam), le copain éboueur, apprend avec bonheur que sa compagne Léa (Estelle Meyer) attend un enfant.
Alain Raoust rassemble ainsi des femmes et des hommes de générations différentes. Chacun à leur manière, ils sont le cœur battant d’un endroit qu’ils aimeraient préserver. Avec cet espoir que, tous ensemble, tout est encore possible. Surtout en matière d’amour et d’amitié.
- Un Champ de fraises pour l’éternité d’Alain Raoust (France, 1h44) avec Philippe Rebbot, Grégory Montel, Florence Loiret Caille, Quentin Dolmaire…
