7 compagnies et une chanteuse au Tangram

par | 9 décembre 2020 | Vie culturelle

Le monde culturel est à nouveau suspendu aux prochaines décisions gouvernementales. Les lieux ne sont pas ouverts au public mais aux artistes qui viennent y répéter. Comme au Tangram à Évreux qui aura accueilli jusque’à la fin de cette année 2020 8 formations.

Une fenêtre d’espoir s’est ouverte depuis la dernière allocution du président de la République. Patience jusqu’au 15 décembre avant l’ouverture des lieux culturels au public. A cela, il y avait une condition : le nombre de contaminations au quotidien ne devait dépasser le seuil des 5 000. Les chiffres de ces derniers jours montrent que ce cap sera « très difficile » à atteindre, selon Olivier Salomon, directeur général de la Santé. Dans cette perspective, est-ce que les théâtres, les salles de concert, les cinémas et les musées seront autorisées à reprendre une activité quelque peu normale ? La réponse est vivement attendue.

Un accompagnement des artistes

Depuis plusieurs mois, les lieux culturels « manquent de visibilité. Aujourd’hui, il y a une usure à attendre des annonces tardives qui induisent des changements du jour au lendemain ». Valérie Baran n’oublie pas « ce bonheur, dans le spectacle vivant, d’être soutenu par les collectivités locales. D’autres théâtres n’ont pas cette chance. C’est difficile pour l’ensemble de la population. Beaucoup de personnes souffrent. Les artistes subissent cette crise. Une génération de spectacles aura été sacrifiée. Certains seront passés de vie à trépas. D’autres auront avortés. Il faut mesurer l’énergie mise dans une création et le temps nécessaire pour le penser, l’écrire ».

Pendant le deuxième confinement, la directrice du Tangram à Évreux a ouvert le théâtre Legendre, le Cadran et le Kubb à sept compagnies normandes et parisiennes et à la chanteuse Adélys. « Nous avons la possibilité d’accueillir les artistes professionnels sur les plateaux alors nous le faisons. C’est important d’accompagner les créations. Le spectacle vivant, c’est le lieu où on s’interroge sur le monde, sur la marche du monde, où il est possible de réenchanter demain ».

Le rapport à la violence décortiqué par le Groupe Chiendent

Le Groupe Chiendent a entamé avec Loya son travail sur Chien.ne. Un nouveau spectacle pour janvier 2022 qui interroge le rapport de chacune et de chacun à la violence, le lien entre la virilité, la masculinité et la violence. Dans Inconsolable(s), Nadège Cathelineau et Julien Frégé ont bousculé les certitudes du couple. Cette fois, installés dans l’auditorium du Cadran, ils s’intéressent à celles issues du monde patriarcal et à cet héritage familial pour se retrouver « comme dans un processus émancipateur. C’est un acte de transformation, de déconstruction qui nous mène vers l’inconnu. À partir de là, qu’allons-nous inventer ? » Julien Frégé s’est alors souvenu de son apprentissage de la boxe et des compétitions. « Je transmets à Nadège cet outil qui me déplace. Avec la boxe, il y a la volonté d’incarner une puissance qui est dans la parade ».

Après plusieurs annulations et reports d’Inconsolable(s), le Groupe Chiendent retrouve avec joie un plateau. « Nous sommes dans une bulle salvatrice. Nous tentons d’oublier ce qui se passe dehors. L’inquiétude est grande mais n’est pas fructueuse. Nous ne pouvons rien anticiper alors nous avons arrêté de vouloirs réagir ». Il y a alors « l’envie de jouer ».

La Cohue dans des “Montagnes russes”

La Cohue a investi le théâtre Legendre pour une deuxième résidence de créations de Montagnes russes. Comme pour Vertige de l’amour, le collectif a choisi l’écriture de plateau, cette fois sous le regard du dramaturge Samuel Gallet. « Au début, nous avons besoin de trouver notre langage. Nous avons monté de manière respectueuse Orphelins (une pièce de Dennis Kelly, ndlr). C’était déjà une adaptation. Nous avons en ensuite envie de nous mettre en danger et d’écrire nos propres textes. C’est seulement la deuxième fois. Nous souhaitons aller plus loin et nous demander ce qu’est notre écriture ».

Sophie Lebrun et Martin Legros travaillent à partir d’une forme courte écrite pendant le premier confinement. « Il a fallu être efficace. Nous avons eu seulement 15 jours de répétition. C’était agréable et cela nous a obligés de suivre notre instinct. Nous avons désormais envie de déployer notre propos pour affirmer quelque chose de plus fort ». Dans Montagnes russes, le couple est une nouvelle fois mis à l’épreuve et le plateau devient électrique.

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