Le collectif Nos Années sauvages accompagne la photographe Coline Jourdan qui expose une série de photographies, After you’re gone, jusqu’au 8 novembre au jardin des plantes à Rouen. 

Il y a aussi des coïncidences malheureuses. Coline Jourdan aurait préféré présenter son exposition dans d’autres circonstances. C’était le lendemain de l’incendie de l’usine Lubrizol. La question environnementale tient particulièrement à cœur cette jeune photographe, ancienne élève de l’école des Beaux-Arts de Dijon. « J’ai grandi dans le Beaujolais. Petite, j’allais piquer du raisin dans les vignes. Ma mère me rappelait toujours qu’il fallait le laver avant de le manger. Je ne comprenais pas vraiment pourquoi. Plus tard, je me suis renseignée sur les produits déversés dans les champs. Ils étaient dangereux ».

La pollution est le thème de After you’re gone, une exposition de photographies présentées jusqu’au 8 novembre au jardin des plantes à Rouen avec le collectif Nos Années sauvages. Coline Jourdan traite le sujet avec beaucoup de délicatesse. Elle choisit une esthétique romantique, poétique pour ces images de forêt mais n’hésite pas à parasiter la beauté de ses œuvres. Comme l’être humain agit sur l’équilibre de la nature. Avec des produits chimiques et toxiques !

Le point de départ de cette exposition, After you’re gone, est la lecture d’un article sur la pollution de la rivière du Cailly. « En 2009, du chlore s’est retrouvé dans la rivière. Il n’y avait plus d’écosystème. Comme je travaille à l’argentique, j’ai ajouté de la javel au moment du développement des photos. Je voulais me rendre compte de ce que ce produit peut créer. Dans ce procédé, il y a un paradoxe : un produit chimique recrée ce qu’il fait disparaître ». Coline Jourdan évoque tout d’abord La Disparition des mouches à feu. Sur ces images, une constellation de points blancs apparaissent au milieu des arbres. Ce sont de multiples lucioles qui viennent illuminer une végétation foisonnante. Dans L’Agent blanc, des coins de forêt commencent à disparaître pour laisser des espaces vides. « Cette forêt est meurtrie mais reste généreuse, vivante. Cela donne envie de se battre pour elle ».

photo Coline Jourdan

Infos pratiques

  • Jusqu’au 2 novembre, tous les jours de 8 heures à 18h45, au jardin des plantes à Rouen.