Malted Milk : « Nous avons besoin d’être créatifs et vivants »

par | 19 février 2021 | Concert

Ce sera une première pour Malted Milk. La formation nantaise, emmenée par Arnaud Fradin, n’a jusqu’alors jamais donné de concert en streaming. Ce sera fait ce samedi 19 février avec La Traverse à Cléon. En plus de vingt ans et sept albums, Malted Milk est passé d’un duo blues à un groupe de sept musiciens qui se promène dans la soul, le funk, la folk, le rock. L’énergie est toujours là. Malted Milk a profité de l’annulation de la tournée pour travailler sur un prochain EP qui doit sortir avant l’été 2021. Entretien avec Arnaud Fradin.

Les salles de concert ont fermé alors que vous étiez en pleine tournée. Comment s’est déroulé le travail avec le groupe pendant ces mois ?

Nous avons voulu prendre le bon côté des choses et faire le pari de nous retrouver. Sans concert, nous avons une période de travail beaucoup plus confortable. Nous sommes bien plus disponibles. Il n’y a pas toutes ces choses qui nous entourent et viennent nous perturber. Aujourd’hui, un musicien doit aussi s’occuper de la communication. Fin 2020, nous nous sommes mis en action pour sortir un nouvel EP. Pour nous, c’est aussi l’occasion de nous renouveler. La période est inspirante, le travail artistique, important. C’est l’ADN du groupe et il nous est apparu essentiel de nous concentrer là-dessus. 

Quelle direction musicale avez-vous prise pour cet EP ?

Le noyau dur du groupe se retrouvait pour travailler. Puis la section cuivres qui mène plusieurs projets nous rejoignait. Cette fois-ci, nous étions tous ensemble dans une même maison et il y a eu une réelle osmose. Lors de cette résidence dans un lieu isolé, nous n’avons pas fait que composer et jouer de la musique. Nous avons échangé sur ce qui nous nourrit, écouté de la musique ensemble. Cela nous a ouvert des pistes de direction, des impulsions. Nous ne formons pas un groupe avec une tête pensante. Nous nous écoutons mutuellement et donnons la possibilité de ne pas nous bloquer. Il y a eu ainsi tout un processus qui s’est développé. C’est vraiment bien. Il y a eu en même temps un lâcher prise et une maîtrise. 

Vous n’êtes pas seulement restés entre vous.

Nous avons aussi travaillé avec un chanteur londonien, Marco Cinelli. Comme il ne pouvait pas venir en France, il y a eu un va et vient pendant deux à trois mois avec lui. Nous avons toujours eu besoin d’écrire avec des personnes différentes en fonction de nos projets et des envies. Elles nous emmènent à chaque fois vers des directions vers lesquelles nous ne serions pas allés. Pour cet EP, nous avions envie de quelque chose de plus organique, de plus sensuel. Selon, nos premiers retours, ce nouvel EP est à écouter en faisant l’amour. Il a un côté posé. Il y a un groove qui tourne.

Quels thèmes avez-vous voulu aborder dans les textes ?

Nous parlons de grands espaces. Il y a une chanson sur une personne seule dans sa voiture qui veut prendre le large. Il y a aussi les relations amoureuses. Pendant cette période, les couples se sont rapprochés ou séparés. Nous n’avons pas souhaité être dans la revendication. La colère est là. Il y a de l’injustice, ce débat entre les activités essentielles et non-essentielles. Cela pose évidemment des questions. Je pense que le gouvernement fait ce qu’il peut pour que le pays puisse tourner. La situation est complexe. En ce qui concerne les lieux, il n’y a pas forcément plus de risque à aller dans une salle de concert si les gens se sont pas collés les uns aux autres.

Comment avez-vous envisagé le concert à La Traverse et sans public ?

Ce sera un concert spécial. Nous n’avons jamais fait de streaming, juste des morceaux filmés. J’aimerais avoir la possibilité d’échanger avec le public qui se trouve de l’autre côté de l’écran. Ce sera un vrai concert. Nous avons tant envie de jouer. Nous en avons besoin. Nous avons besoin d’être créatifs et vivants, de prendre du bon temps. Il ne faudrait pas que l’on passe le restant de notre vie à faire des concerts en streaming, que le mouvement numérique s’accélère. Mais ce peut être aussi le moyen de se faire connaître par des personnes qui ne font pas la démarche d’aller dans les salles. 

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