Ancien nageur de haut niveau, Maxime Taffanel raconte la vie dans et en dehors des bassins. Dans Cent Mètres Papillon, il est Larie, un adolescent passionné de natation qui veut devenir champion. Il va alors découvrir les entrainements, la compétition, les souffrances, les sacrifices, les doutes, les moments d’euphorie… Ancien élève de l’ENSAD (école nationale supérieure d’art dramatique, ndlr) à Montpellier, porté par son directeur Ariel Garcia-Valdès, Maxime Taffanel raconte tout cela dans ce texte qu’il a écrit et qu’a mis en scène Nelly Pulicani. À voir du mercredi 9 au 11 janvier à la chapelle Saint-Louis à Rouen. Entretien.

Existe-t-il des similitudes dans le travail en natation et au théâtre ?

Oui et je les ai découvertes lorsque j’étais à l’ENSAD (école nationale supérieure d’art dramatique, ndlr) à Montpellier. Dans l’eau, comme sur un plateau de théâtre, quand je fais un geste, quand je me déplace, je glisse. Je n’ai pas une impression de lourdeur mais de légèreté. Sur scène, je suis porté par un courant, par une eau imaginaire. J’ai pu intégrer la fluidité de la nage dans mon jeu. 

Quelles sont les différences ? 

Dans une piscine, tout est très bruyant. Vous êtes aussi très entouré. Il y a les parents, les coaches, les autres nageurs… Tous ces bruits sont omniprésents. Sauf au moment de plonger. Il y a un vrai silence quand vous entendez : à vos marques ! C’est ce silence que j’ai retrouvé au théâtre.

Est-ce le même plaisir ?

Le plaisir de nager était là à 12 ans. À ce moment-là, tout est simple. C’est après que tout devient laborieux parce qu’il y a une obligation de performance. On en oublie le plaisir. Juste pour un chronomètre. Aujourd’hui, j’ai retrouvé le plaisir de nager parce que je vais dans l’eau quand j’en ai envie et le temps que je veux. Cela fait du bien d’avoir son propre agenda.

À quel moment de votre vie le théâtre est-il devenu important ?

Depuis toujours. Tout petit, mes parents qui sont chorégraphes nous faisaient apprendre des textes de théâtre et des sketches pour les anniversaires ou les Noël. Avant de partir en sixième, j’ai appris pour ma prof un monologue du Malade imaginaire que j’ai joué devant toute la classe. Depuis, c’est devenu un rituel. À chaque fin d’année scolaire, j’ai appris et joué un texte de théâtre pour mes profs de français. Je me suis senti toujours à l’aise. Mes copains étaient attentifs et je les faisais rire.

Quand avez-vous ressenti l’envie d’écrire ?

J’ai commencé en improvisant quand j’étais encore à l’ENSAD. Je racontais une compétition aux autres élèves. Je leur montrais comment on nage le papillon qui était ma spécialité. Il y a eu ensuite la Comédie-Française. J’ai eu beaucoup de travail très vite. Puis, pendant un an, je n’ai plus eu une proposition. J’ai commencé à attendre les appels. Je me suis dit que c’était peut-être le moment d’écrire. J’ai contacté Nelly Pulicani que j’avais rencontrée à la Comédie-Française pour qu’elle le mette en scène.

Est-ce qu’écrire vous a fait du bien ?

Je reste un grand passionné de la natation. J’ai eu envie de raconter ce qu’il arrive lorsque l’eau ne vous fait plus glisser. L’écriture m’a permis de me réconcilier avec ce sport et avec moi-même. Je me suis souvent caché la vérité : je ne serai jamais un champion. Il y avait des sportifs plus forts que moi. Même si je faisais beaucoup d’effort, cela restait très compliqué. Je l’ai écrit, je l’ai dit à haute voix et j’ai beaucoup pleuré. Aujourd’hui, ça va mieux. C’est tellement bien d’être comédien. Je sais que ce spectacle aurait pu aussi me détruire s’il n’avait pas eu de succès.

Vous racontez la performance, la douleur, votre rapport à l’eau. Est-ce que toutes ces sensations sont encore inscrites dans votre corps ?

Oui parce que l’on répète tellement les mêmes mouvements pendant des années. Durant de nombreuses journées, il m’est arrivé de nager plus que de marcher. Je faisais 14 kilomètres par jour. On marche très rarement 14 kilomètres ! Sauf en vacances. Tout cela est bien sûr ancré en moi. J’ai encore le même corps d’athlète, mes épaules de nageur de papillon. Je me suis servie de la fluidité du nageur pour la transformer en danse dans le spectacle. Ce qui est aussi un héritage familial. 

Comment avez-vous appréhendé le fait d’être seul sur scène ?

Grâce à Nelly et son travail très précis, cela s’est bien passé. Avec elle, le spectacle est devenu une partition de musique. Comme j’ai écrit le texte, je le maîtrise et je ne suis pas vraiment en difficulté.

Infos pratiques

  • Mercredi 9, jeudi 10 et vendredi 11 janvier à 20 heures à la chapelle Saint-Louis à Rouen à 20 heures à la chapelle Saint-Louis à Rouen.
  • Rencontre avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation du 9 janvier
  • Spectacle tout public à partir de 12 ans
  • Tarifs : de 16 à 3 €. Pour les étudiants : carte Culture.
  • Réservation au 02 35 98 45 05 ou sur www.letincelle-rouen.fr