150 événements pendant Normandie impressionniste

Une patinoire devient la toile de "Digital ParadIce" de Miguel Chevalier

Au musée d’Orsay à Paris, Philippe Platel, directeur de Normandie impressionniste, et Philippe Piguet, commissaire général, ont dévoilé mardi 28 novembre la programmation de Normandie impressionniste 2024 qui se tiendra du 22 mars au 22 septembre. 150 événements feront la 5e édition d’un festival, toujours pluridisciplinaire.

De l’ambition et de l’audace… Il en a fallu pour élaborer la programmation de Normandie impressionniste. Le festival qui commencera le 22 mars 2024 pour se terminer le 22 septembre, réunit de grands noms et propose des événements originaux. En tout, 150 rendez-vous dont les plus emblématiques ont été présentés mardi 28 novembre au musée d’Orsay à Paris par Philippe Platel, directeur de Normandie impressionniste, et Philippe Piguet, commissaire général.

Cette 5e édition « va plus loin dans l’innovation, la pluridisciplinarité, souligne Catherine Morin-Desailly, sénatrice et conseillère régionale de La Normandie. Il investira l’espace public, s’étendra sur tout le territoire normand et s’ouvrira davantage à l’international. Ce festival est une singularité dans le paysage français parce qu’il fédère l’ensemble des institutions et bénéficie de partenariats fidèles ». Une particularité reprise par Nicolas Mayer-Rossignol, président de la Métropole Rouen Normandie et maire de Rouen : « Nous faisons mieux ensemble. C’est unique en France de voir un festival qui rassemble autant de partenaires et n’en finit pas de s’amplifier et de se donner une ambition plus grande ».

Un regard impressioniste…

Pendant six mois, donc 150 événements artistiques sont à découvrir avec autant de propositions d’artistes impressionnistes et contemporains. Au musée des Beaux-Arts de Rouen, il y aura l’exposition James Abbott McNeill Whistler, l’effet papillon, avec 150 œuvres d’un « personnage étonnant, mystérieux, énigmatique. Whistler a été un peintre et un amateur de poésie, de littérature et de musique. Nous allons rendre compte de cet amour des arts », indique Robert Blaizeau, directeur de la Réunion des musées métropolitains rouennais. Au MuMa au Havre se tiendra un dialogue entre la photographie et la peinture impressionniste. « Nous avons mis un accent sur l’histoire de la photo de 1840 à 1890 en Normandie, qui a été un terrain de jeu pour les artistes », selon Sylvie Aubenas, co-commissaire et directrice du département des estampes et de la photographie à la Bibliothèque nationale de France.

Cyrille Sciama, directeur général du musée des impressionnismes à Giverny a choisi « un regard décalé », sur L’Impressionnisme et la mer. Une centaine de tableaux racontent l’activité des pêcheurs, l’industrie maritime, les loisirs balnéaires… Au musée des Beaux-Arts de Caen se prépare Le Spectacle de la marchandise pour comprendre « comment le développement du commerce se manifeste dans le regard des artistes », fait savoir Anne Bernardo, responsable de la programmation culturelle et de la communication. Aux Franciscaines, à Deauviile, Mondes flottants, du japonisme à l’art contemporain évoquera « les influences des artistes français et japonais » et sera « un dialogue entre les différentes formes esthétiques », annonce Annie Madet-Vache, directrice du lieu.

… et contemporain

Toujours aux Franciscaines, Zao Wou-ki, admirateur de Monet et des impressionnistes, emmène sur Les Allées d’un autre monde. Après des créations numériques, David Hockney revient à la peinture. Au musée des Beaux-Arts de Rouen, Normandism réunit des portraits et des paysages. Vogue au creux des valleuses : c’est l’invitation de Raphaëlle Peria au musée Michel Ciry à Varengeville-sur-Mer où elle expose des photographies grattées et marquées par la présence de l’eau. Au Frac de Normandie à Caen, Lily van der Stocker présente de grands formats qui révèlent son engagement féministe. Bianca Bondi transforme Le Portique au Havre en un paysage artificiel.

À Jumièges, Laurent Grasso propose dans les ruines de l’abbaye un parcours jalonné de sculptures et des projections vidéo dans le logis abbatial. Olivier Beer donne sa version des Nymphéas de Monet dans ses Resonance Paintings au Hangar 107 à Rouen. Des paysages étranges se déploient à la galerie Duchamp à Yvetot avec Marc Desgrandchamps. Sean Scully investit l’église Saint-Nicolas à Caen avec des peintures abstraites.

C’est un des événements incontournables. Robert Wilson signe la nouvelle création visuelle sur la façade de la cathédrale de Rouen. Le metteur en scène américain, « pense toujours à la lumière et à la qualité de la lumière. Pour moi, l’impressionnisme a été la révolution de la lumière ». L’installation, Star and stone : a kind of love… some say, est complétée par la lecture par Isabelle Huppert des poèmes de Maya Angelou, sur une musique de Philip Glass.

Pour découvrir l’œuvre de Flora Moscovici, il faudra voler… Avec cette artiste, le sol du Hangar à dirigeables à Écausseville devient un tableau aux couleurs impressionnistes. Le public pourra le parcourir en planant grâce à un aéroplume. Autre expérience : le Digital ParadIce de Miguel Chevalier à la patinoire de Rouen est une création lumineuse qui évolue avec les mouvements des patineurs. Chacun devra remplir cette grande page blanche.

La cathédrale de Rouen sera l’écran de la création lumineuse de Robert Wilson

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