Sylvain Wavrant présente pour la première fois ses deux pièces les plus importantes lors de La Traversée des apparences. Une exposition collective qui réunit vingt artistes du 30 septembre au 10 novembre au Portique au Havre.

 

sylvain-wavrantLa taxidermie, c’est un artisanat. C’est aussi un art. Elle avait surtout une valeur éducative dans les muséums d’histoire naturelle. Elle interpelle, interroge sur le rapport entre l’homme et l’animal, et la mort aussi. Dans le travail artistique de Sylvain Wavrant qui mêle taxidermie, design et mode, il y a un engagement. Celui de valoriser les espèces sauvages, de créer à nouveau un lien entre l’homme et l’animal, de « montrer une vérité. Un artiste doit servir à ça ».

 

Cet engagement, il est venu progressivement. « Il est lié à mes origines, à mes compétences techniques et artistiques, aux enjeux de la société. Je me mets au service de quelque chose de plus important que moi-même ». Sylvain Wavrant, aujourd’hui rouennais, a grandi à la campagne en Sologne. Alors, les dérives, la chasse abusive, le trafic, la destruction des habitats et des ressources… Il y est très sensible. Ce n’est pas tout. Il y a aussi la volonté d’éveiller « de manière éthique » toute part animale chez l’homme. « Il faut l’accepter. Il faut se rendre compte que nous ne valons pas mieux que les animaux. Le squelette, les muscles, les couleurs… Tout est là au service de sa vie. Cela vaut donc une bonne raison d’y jeter un coup d’œil ». Sylvain Wavrant puise là dans les mythologies. « C’est la base commune de tous mes projets ».

 

Au Portique, au Havre, l’artiste au doux regard expose deux pièces. Tout d’abord un blaireau, encastré dans un pare-choc de voiture, puis un renard écorché avec un corps rougeoyant enfermé dans une cage. Deux sculptures pour alerter sur le nombre d’animaux morts sur les bords de la route et sur les conditions d’élevage des espèces destinées à la mode. On oscille alors entre fascination et répulsion.

 

Au théâtre

 

photo Nicolas Joubard

photo Nicolas Joubard

Le théâtre, c’est un autre engagement de Sylvain Wavrant qui a notamment travaillé pour la Piccola Familia. On a encore en tête le costume magnifique que porte Thomas Jolly dans Henry VI et Richard III. « C’est une autre démarche. On est proche du chamanisme. On prend la peau de l’autre pour avoir sa spiritualité, son pouvoir. On valorise l’animal dans son entièreté. Richard III est un personnage hybride. J’ai voulu réveiller son caractère animal par le biais de la parure ».

 

Au théâtre, Sylvain Wavrant se met « au service d’un projet. Il faut être en cohérence avec la dramaturgie, le jeu. Il faut servir le jeu d’acteur. Le théâtre permet d’être dans la vie, dans la rencontre. C’est de cette manière que tu grandis. C’est de cette manière que l’on m’a aidé. Pendant trois ans, j’ai pu m’épanouir. Même s’il y a eu des doutes, des angoisses, un manque de moyens, je n’ai jamais perdu confiance. Etre avec les gens, c’est une grande force ». Toute l’expérience que Sylvain Wavrant a acquise dès la sortie de l’école des Beaux-Arts de Rennes, il la partage au sein du Collectif culture et citoyenneté. « Je compte sur le mimétisme. Un état de travail donne envie aux autres. On ne peut plus travailler tout seul. C’est avec les autres que l’on devient le plus accompli, le plus total. A Rouen, cette énergie commune est très belle ».

 

  • Du 30 septembre au 10 novembre, du mardi au samedi de 14 heures à 18h30, au Portique, rue d’Après-Mannevillette, au Havre. Entrée libre.
  • Les artistes présents à La Traversée des apparences : Karl-Sébastien Bigot, , Aurélien Boiffier, Sylvaine Branellec, Arnaud Caquelard, Thomas Cartron, 
Lison de Ridder, Akira Inumaru, Roland Lauth, Kacha Legrand, Patrice Lemarié, 
Edwige Levesque, Jonathan Loppin, Laurent Martin, Géraldine Millo, Stéphane Montefiore, 
Cadine Navarro, Aurélie Sement, Laura Tillier, Julie Tocqueville, Sylvain Wavrant.