Shani Diluka pare Beethoven de couleurs indiennes

par | 19 décembre 2020 | Beethoven autrement, Concert

Dans ce programme original, la pianiste Shani Diluka tisse des liens entre les partitions de Beethoven et la musique indienne. Le concert, enregistré à la Chapelle Corneille à Rouen avec l’Opéra de Rouen Normandie dans le cadre de Beethoven Autrement, sera diffusé dimanche 20 décembre sur les écrans.

Shani Diluka a appris à lire, à écrire et à jouer du piano en même temps. Née à Monaco, cette élève surdouée a bénéficié dès l’âge de 5 ans d’un programme éducatif spécial, une volonté de la princesse. Depuis, « l’art est devenu vital. Mes parents sont sri-lankais et je me suis souvent demandée qu’elle est mon identité. La musique a été une réponse parce qu’elle a une identité multiple. Elle est universelle ». Shani Diluka se promène dans le vaste répertoire consacré au piano. « Adolescente, j’adorais la musique romantique. Mes premières amours vont à Schumann et Chopin. J’ai ensuite cherché un équilibre entre la passion et la raison en me tournant vers Bach, Schubert, Mozart et Beethoven ».

Beethoven, justement. Shani Diluka a interprété l’intégralité des sonates, des concertos… En effectuant des recherches sur le compositeur allemand, elle a découvert « son intérêt pour la spiritualité indienne. Il reçoit des prières indiennes. On sait qu’il les a recopiées, qu’il a souligné les mots les plus forts. Beethoven s’est aussi intéressé à d’autres cultures, notamment aux mythologies grecque et égyptienne. Il est un grand spirituel. La place de l’homme dans l’univers est un sujet qui l’anime ».

Deux écritures avec des points communs

Autre lien : la pianiste a ainsi trouvé des similitudes entre l’écriture de Beethoven et la musique indienne. « Beethoven prend une cellule, un intervalle ou un accent qu’il va transformer tout au long de sa pièce. C’est la même chose dans les râgas indiens. Il y a un crescendo, une élévation. Comme si l’âme traversait les tourments et trouvait à la fin une forme d’apaisement ». 

Lors de ce concert Cosmos, enregistré à la chapelle Corneille à Rouen pour fêter le 250e anniversaire de Beethoven, Shani Diluka interprète les célèbres sonates Clair de lune et Appassionata. « Quand il écrit ces deux pièces, Beethoven n’entend plus beaucoup la musique. Il voulait mettre fin à ses jours. Il y a en lui une lutte intérieure. Dans ces partitions, il y a l’idée de tumulte, de tempête. Il évoque la nature. Comme les râgas qui sont liés à la nature ». Mitel Purohit, tablas, et Mehboob Nadeem, sitar, reprennent les notes de Beethoven pour les inscrire dans la tradition indienne. Cosmos est une plongée dans la profondeur de l’âme.

Infos pratiques

À lire également

mi, dolor. ut ipsum efficitur. libero massa Nullam justo