Une écriture en partage avec Rouquin

par | 17 octobre 2020 | Concert, Terres de paroles

Après un atelier d’écriture dans le quartier du Ramponneau avec le festival Terres de Paroles, Jean-Baptiste Corréa du groupe Rouquin, revient à Fécamp samedi 17 octobre pour partager le fruit d’un travail collectif.

L’écriture est arrivée très tôt. « Je ne peux même plus dire quand. J’avais peut-être 12 ans ». Le déclic : ce sont les rappeurs que Jean-Baptiste Corréa écoutait à l’âge de 12 ans. « Je découvre un truc. C’était encore l’époque des vieux sampleurs, des disquettes, des anciennes machines ». Le garçon, originaire d’Elbeuf, découvre le rap à « un moment où il disait encore quelque chose. Je me souviens que certains avaient des textes incroyables, une grammaire sans limite… Il fallait la phrase parfaite. C’était beaucoup d’exigence. On me disait : ne monte pas sur scène si tu n’as pas travaillé. Avec le rap, j’ai appris à être quelqu’un. Cela m’a beaucoup aidé ».

Jean Baptiste a multiplié les expériences. Après Un Sale Noir, il se lance dans une nouvelle aventure musicale, Rouquin, parrainé par Le 106. L’auteur autodidacte pioche des références dans le cinéma et la littérature pour évoquer les souffrances contemporaines et le chaos ambiant. Son flow maîtrisé, porté par une voix rauque, emmène dans un tourbillon de poésie brute. 

Écrire, réécrire, déchirer, recommencer

« C’est intéressant pour cela, le rap. On peut parler de tout dans un chanson. C’est un peu no limit. On a une sacré liberté mais il faut bien le faire. D’où l’importance des mots et du vocabulaire. Il faut aussi trouver son propre style, être un artiste qui ne ressemble pas aux autres. Ce n’est pas simple de trouver son originalité, sa singularité. Il faut alors, écrire, réécrire, déchirer, recommencer, toujours se forcer à faire mieux ».

Ce sont tous ces conseils qu’il a délivrés lors des ateliers d’écriture menés pendant l’été 2020 dans le quartier du Ramponneau à Fécamp. « C’était une belle initiative » de la part du festival Terres de Paroles. Jean Baptiste a travaillé avec des groupes de tous âges. « Ce n’était pas évident parce que la nature ne fait partie de leur priorité. Par ailleurs, tous avaient quelque chose à dire. Je me souviens d’une dame qui prenait son temps. Elle écrivait une phrase par jour. Cela a été très fort. Avec les plus jeunes, je suis parti de ma musique et nous nous sommes amusés à faire de la MAO (musique assistée par ordinateur, ndlr) ».

Jean Baptiste qui vient de mettre un pied dans le cinéma partage tout ce travail estival ce samedi 17 octobre au cinéma Le Grand Large à Fécamp. « Ce fut une belle expérience humaine et j’aimerais y retourner. J’ai été bien accueilli. J’ai discuté avec beaucoup de personnes, des jeunes et des adultes, et je les ai senties abandonnées. L’abandon, c’est dangereux. Je n’ai pas envie de les lâcher ».

Infos pratiques

  • Samedi 17 octobre à 20h30 au cinéma Le Grand Large, place Adolphe-Bellet à Fécamp
  • Durée : 1h30
  • Concert gratuit
  • Réservation au 02 32 ou sur www.terresdeparoles.com

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