photo Olivier Metzger

photo Olivier Metzger

Dans Bambi Galaxy, un album sorti fin janvier, Florent Marchet raconte l’odyssée d’un homme à la recherche d’une place dans une société qu’il ne comprend plus. Il va ainsi essayer des expériences dans les sectes, dans les psychotropes, dans le sexe et dans l’espace. Nourri de pop, de philosophie, de sciences, ce Bambi Galaxy est une quête du bonheur et de sens et un voyage dans les sons. Florent Marchet ouvre sa galaxie jeudi 3 avril au 106 à Rouen.

 

 

 

Comment imaginiez-vous les années 2000 lorsque vous étiez adolescent ?

Je les imaginais comme elles étaient représentées dans les médias. C’était un futur basé sur de grandes découvertes techniques qui empruntaient à la science fiction. Il y avait les voitures volantes, les pilules qui remplaçaient les aliments… C’était une vision du futur assez optimiste et réconfortante et elle est très différente de la version que nous avons eue.

 

Aviez-vous hâte de vivre ces années 2000 ?

Oui, vraiment. Je me souviens de ce numéro d’Astrapi à la fin des années 1980 qui présentait des dessins très précis. Tout cela était rassurant même si on entrait dans les années sida. C’était très inquiétant pour un ado. Malgré cela, on misait sur l’intelligence de l’homme qui allait résoudre tous ces problèmes par le biais de la technique.

 

Et si vous étiez un ado aujourd’hui, quel regard porteriez-vous sur le futur ?

C’est toute la base de cet album. Aujourd’hui, un ado ne peut être qu’effrayé. Pour la première fois, l’homme est le premier acteur qui modifie la planète. Cela traduit un comportement chez l’homme qui est trop autocentré. Il faut désormais arriver à trouver un minimum d’espoir. L’homme va se réveiller après une crise spirituelle et existentialiste. Il ne faut pas oublier que le passage de l’homme sur Terre est très court par rapport à celui des dinosaures. La Terre était là avant nous et sera là après nous.

 

A quel moment avez-vous pris conscience de cela ?

Depuis quelques années, ma vie a changé. J’ai deux enfants. Les interrogations autour de ma petite personne sont passées au second plan. Je me demande davantage ce que je vais transmettre. La génération 1968 est pessimiste parce qu’elle a du mal à assumer. Elle a rêvé un monde idéal et c’est un tout autre monde qu’elle nous a légué. Il faut assumer quand on est père, dire que l’on a fait des erreurs et ne pas être dans le déni. L’album est un constat du monde tel qu’il est, tel que je le ressens. Aujourd’hui, il faut retrouver un sens de l’existence, éviter toute solution sectaire et être plus centré sur le groupe.

 

Comment vous sentez-vous dans ce monde ?

Je me sens plutôt bien dans ma peau. Je fais partie des privilégiés. A 10 ans, je me suis dit : et si je pouvais faire de la musique… J’en fais, j’ai une chance incroyable et j’en suis heureux. En revanche, je ne suis pas complètement heureux parce que l’on ne peut pas être heureux tout seul. Il suffit d’aller dans le métro pour se rendre compte de toute l’agressivité.

 

  • Jeudi 3 avril à 20 heures au 106 à Rouen. Tarifs : de 20 à 5 €. Réservation au 02 32 10 88 60 ou sur www.le106.com
  • Première partie AuDen : son interview